Un long sillon de la Dordogne au Bénin
Réalisé par Fréderic Chignac
Le Bénin est classé parmi les pays les plus pauvres de la planète. Il n'a pas de pétrole, pas de diamant, aucun minerai qui attire les devises des grandes puissances, sa seule richesse est son agriculture. Mais cette richesse là est réelle. Le climat et la terre de ce pays sont extrêmement propices à une multitude de récoltes (riz, maïs, sorgho, soja, maraîchage, fruits') et pourtant le Bénin est régulièrement menacé par les crises alimentaires. Pour éviter ces pénuries et optimiser le potentiel de sa terre, le gouvernement béninois a tenté à plusieurs reprises de mécaniser ses méthodes de production mais pour différentes raisons, toutes ces tentatives ont échoué. En revanche, une autre initiative a vu le jour en 1995, en dehors des circuits étatiques. Elle a été initiée par Thierry Guérin, un agriculteur de Dordogne, producteur de lait, de noix et de châtaignes, qui ne connaissait pour ainsi dire rien du Bénin, mais dont le pari est peut-être en passe de réussir là où les échecs se succèdent depuis plusieurs décennies. Ce système est celui des CUMA, Coopératives d'Utilisation du Matériel Agricole. Les CUMA ont été créées en France après la seconde guerre mondiale, pour contribuer au redressement de l'agriculture alors en piteux état. Au Bénin, le fonctionnement d'une CUMA s'articule autour de l'acquisition, par une dizaine d'agriculteurs en moyenne : d'un tracteur, d'une charrue et d'une remorque.