Felix Leclerc / visuel
Cycle Mois du doc 2013

L’Office national du film du Canada : la parole en liberté

Cycle proposé par Images en Bibliothèques dans le cadre du Mois du doc 2013

En partenariat avec la BNF

La Bibliothèque nationale de France met à disposition des programmateurs du « Mois du film documentaire » une sélection de films rares tirés de ses collections patrimoniales.

L’Office national du film du Canada a eu le privilège singulier d’être à la fin des années 1950 une institution d’État peuplée de francs-tireurs. De jeunes gens, principalement québécois, qui avaient pour noms Michel Brault, Gilles Carle, Claude Fournier, Marcel Carrière, Claude Jutra, etc… ont pratiqué un cinéma en rupture ouverte avec les normes de production, utilisant de la manière la plus souple possible les nouvelles techniques d’enregistrement du son pour aborder leurs contemporains avec une franchise inédite. Ils se sont situés dans le plan de l’expérience vécue des gens qu’ils filmaient. Ils ont par là même amené leur pays à se connaître sous un nouveau visage. Au même moment que quelques autres aux États-Unis et en France, collectivement, ils ont inventé le « cinéma direct ».

S’il fallait exprimer d’un mot la nuance particulière du cinéma direct tel qu’il a été pratiqué à l’ONF, on pourrait choisir celui d’oralité : on entend dans ces films beaucoup de voix, des voix qui racontent leur histoire, des voix qui racontent l’histoire d’un territoire, l’histoire d’un peuple, l’histoire passée et l’histoire en train de se faire. Ce mouvement documentaire est indissociable de l’affirmation de l’identité culturelle et politique québécoise, d’un peuple dont la culture se situe bien plus du côté de la tradition orale qu’écrite. Quelques classiques absolus sont aujourd’hui disponibles en édition DVD, tels Pour la suite du monde et Le règne du jour de Pierre Perrault ou les œuvres de Michel Brault. Mais d’autres œuvres, courts ou long-métrages, mériteraient amplement d’être (re)découvertes. Dans Telesphore Légaré, garde-pêche (1959), c’est le couple filmé qui commente lui-même les actes du quotidien et leur donne sens. Dans Félix Leclerc troubadour (1958), le dispositif technique d’enregistrement ne cherche plus à se faire oublier, mais devient un sujet de jeu. Dans Saint-Jérôme (1968), Fernand Dansereau fait du cinéma un lieu d’échange de paroles entre les habitants d’une ville frappée par délocalisation de ses industries. Dans Le goût de la farine de Pierre Perrault (1977), la recherche du monde perdu des Indiens montagnais se joue loin de toute reconstitution illusionniste, dans un jeu de paroles qui met en évidence la ténuité du fil qui nous relie encore au passé.

Les droits de projection sont à régler directement auprès de l’Office national du film du Canada. Adresser un courriel à Mme Diane Hetu Une fois les droits réglés, la BnF met gracieusement les supports de projection (Beta, DVD vidéo ou fichier) à disposition et peut vous suggérer des intervenants.

Sauf pour les films La Bête lumineuse (catalogue de Documentaire sur grand écran), Le règne du jour (ADAVISION) et Monsieur John Grierson (Catalogue national de films documentaires de la Bpi). Les informations concernants les contacts sont détaillés dans chaque fiche film. @nfb.ca>
 

Editions DVD :

Pierre Perrault, la trilogie de l’Ile aux Coudres, Editions Montparnasse.
Michel Brault. Œuvres, Office national du film, distrib. Films du paradoxe.

A lire :

Gilles Marsolais, L’Aventure du cinéma direct revisitée, Montréal, Les 400 coups, 1997.
Caroline Zéau, L’Office national du film et le cinéma canadien : éloge de la frugalité, Bruxelles, Peter Lang, 2006.
Vincent Bouchard, Pour un cinéma léger et synchrone ! Invention d’un dispositif à l’Office national du film à Montréal, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 2012

Les partenaires