La Fanfare ne perd pas le nord
Réalisé par Frédéric Touchard
Les bassins houillers du Nord n'auraient pu prendre leur essor sans une main-d'oeuvre polonaise bon marché. Ces immigrés, souvent musiciens, trouvèrent au sein des harmonies une place où la langue ne faisait pas obstacle à leur intégration. La musique polonaise fait donc partie intégrante du répertoire des fanfares locales ; et la deuxième ou troisième génération d'immigrés polonais reste très attachée à ses racines. La vie de "galibot" ("mineur" en patois) était rythmée par les répétitions et les défilés, et chacun pouvait oublier un moment la rudesse du travail. Ayant perduré grâce aux harmonies, cet esprit de fraternité se révèle aujourd'hui tout aussi nécessaire, dans une région où le chômage a peu à peu détruit les liens sociaux. Dans certaines petites communes, de jeunes musiciens perçoivent cette participation comme indispensable : perpétuer la tradition des harmonies où jouaient leurs grand-pères est un acte de citoyenneté.