Film soutenu

Le Jour du mineur

Réalisé par Gaël Mocaër

2011 dans la campagne ukrainienne. Une cérémonie aux allures de kermesse, désuète, amusante. Puis très vite la violence d’un univers carcéral où chacun trouve refuge derrière un numéro de matricule, comme un porte-bonheur qui, peut-être, permettra de survivre au chaos. Une plongée dans les entrailles de la terre qui dévore ses enfants en même temps qu’elle les nourrit, les réchauffe et les éclaire. On a du mal à croire que de ce monde étriqué, oppressant, sans air, sans lumière et sans espace, envahi de métal, de poussière et d’hommes rampants, courbés en deux, puisse sortir quelque chose qui ait à voir avec la lumière. Ce film est une expérience. Il parle de l’enfermement, tant physique que mental, de la brutalité, de la peur, de cette forme d'animalité que l'on trouve dans l'isolement groupé non volontaire. Il parle de nos zones d'ombres, d'un inconfort physique tel que l'esprit se met en sommeil, que tout désir est anesthésié. Il parle sans vocabulaire de la littérature russe. Il est noir mais pas désespéré. Une fête, quelques ballons, du jaune et du bleu, une parenthèse dans la vie de ces hommes. Une fleur, une médaille : le salaire de la peur. Mais l’air est-il vraiment plus respirable en surface ?

Informations

Année : 2012

Durée : 92 mn

Pays de production : France

Production : Eaux Vives production

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Avis

Ce film a été retenu - Commissions 2013

Composée de bibliothécaires, la commission de sélection de films documentaires d'images en bibliothèques prospecte la production récente et sélectionne des films pour une diffusion en bibliothèque.

Pourquoi nous avons retenu ce film ?

par Elise Girard, CINÉMATHÈQUE FRANÇAISE

Membre de la commission de sélection d'images en bibliothèques

Ce film se collete à un sujet plutôt abrupt et peu séduisant, le travail quotidien de mineurs ukrainiens. Gaël Mocaër prend le parti d’accompagner jusque dans les tréfonds de la mine les ouvriers qu’il filme. Il donne à voir un ressenti lorsqu’il filme leurs pas dans l’eau, les parois des galeries, leur marche fastidieuse au fond de la mine, et laisse voir ses propres difficultés quand il doit avancer à genoux. Les mineurs qui le guident, lui expliquant leur travail, l’interpellent régulièrement, se perdent en conjectures quant à sa présence à leurs côtés, évoquent des poncifs sur les français, rendant ainsi le rapport filmé/filmant tangible. Sans faire le portrait d’un mineur en particulier, Gaël Mocaër parvient à rendre compte du danger qu’ils encourent, de leurs désaccords, de la rudesse du climat et fait de sa caméra le porte-voix de leurs réflexions sur leurs conditions de travail déplorables. Le film restitue aussi l’atmosphère d’enfermement qui règne jusque dans les vestiaires au moment du rituel de la douche. Tourné sur plusieurs saisons, ce documentaire n’est pas filmé uniquement sous terre, mais s’ouvre sur une captation colorée de la fête nationale des mineurs, héritée de l’Union soviétique, et se clôt sur une cérémonie désuète de remise de médailles, récompense dérisoire pour un labeur où le risque de mort est présent chaque jour. Il faut souligner le véritable engagement de la part de l’auteur, qui fait de ce film un témoignage rare et sensible sur un sujet peu engageant !

Modalités de diffusion

Producteur du film

EAUX VIVES PRODUCTION

Pour plus d'information sur la diffusion du film

Contact : emmanuelle.faucillonyahoo.fr

Pour toutes les structures non-commerciales

Pour acquérir le DVD avec droits de prêt et de consultation sur place : ADAV

Contact : contactadav-assoc.com

Date de mise à jour :