Film soutenu

Little Go Girls

réalisé par Eliane De Latour

À Abidjan, les Go se servent de leur corps comme d'un tiroir-caisse pour avoir un peu de liberté quitte à vivre dans le déshonneur. Très jeunes, elles fuient les violences familiales. Prises dans des trajectoires de résistance et de soumission, elles affrontent l'autorité dans l'espoir de pouvoir, un jour, choisir seule. Cette quête folle de liberté, les amène dans les ghettos de « fraîchenies » où je les photographie. À l'extérieur, on ne voit en elles que des « maudites, hurlantes, violentes, des filles foutues » qui apportent la honte et le malheur. Mes portraits semblent leur apporter le reflet d'une dignité, ils me permettent d'établir un lien avec elles.

Informations

Date de sortie : 2016
Durée : 93 minutes
Pays : France
Production : Taggama

Avis

Ce film a été retenu - Commissions 2017

Composée de bibliothécaires, la commission de sélection de films documentaires d'Images en bibliothèques prospecte la production récente et sélectionne des films pour une diffusion en bibliothèque.

Pourquoi avons nous retenu ce film ?

par Pauline Rumelhart , CENTRE CULTUREL COMMUNAUTAIRE DES CORDELIERS
Membre de la commission de sélection d'Images en bibliothèques
Ce film est issu d’un projet au croisement de l’art, de l’anthropologie, et de l’engagement humanitaire et pour les droits civiques. Les femmes, survivant dans une misère crasse, sont magnifiées par les images d’Eliane de Latour. Même leur environnement se trouve embelli sous la camera de la réalisatrice. Sa démarche se revendique de la réhumanisation et son positionnement se veut très clairement égalitaire (en opposition à toute tentation matriarcale ou paternaliste). Certain seront dérangés par l’ingérence et l’impact (assumé) du filmeur sur la réalité qu’il filme. Egalement peut-être par cette esthétisation de la relégation humaine. Pour ma part, la sincérité de la réalisatrice ainsi que celle des go dans le projet du film (à valeur de témoignage) et celui de la communauté, m’ont passionnée. Ce film, au-delà de sa forme extrêmement soignée, peut constituer un socle pour des échanges avec le public sur la place du filmeur dans ce qu’il film. Ici, sans nul doute, le film parle/montre autant de son sujet que de celle qui l’a choisi. On ne peut ni l’accuser d’hypocrisie ni d’angélisme.

1 séance organisée

Projection Mois du doc 2016

Le Casino (Occitanie – Lavelanet)
Programmée par : Jacques Vergnes, LE CASINO (Occitanie – LAVELANET)