nofinofy
Film soutenu

Nofinofy

réalisé par Michaël Andrianaly

« Coiffeur, c’est un des plus beaux métiers : tu touches la tête d’un autre être humain. » Ce faisant, Roméo semble en extraire aussi des peurs, des colères, et ces rêves qui donnent leur titre au film. Huis-clos itinérant, Nofinofy suit cet artisan qui cherche à trouver enfin un lieu digne où exer­cer son art, et se déplace en attendant d’un quartier de Tamatave à un autre, de cabane en cabane. Ce qui ne change pas, au fil des mois, c’est que le salon de coiffure de Roméo reste un lieu de vie où des hommes (princi­palement) se retrouvent, boivent un verre, se racontent des blagues ou discutent très sérieusement de l’ave­nir de Madagascar. Car le dehors pénètre ce cocon, à travers les dis­cours d’hommes politiques entendus à la radio, que les clients décor­tiquent en se demandant pourquoi ils se laissent piétiner. La précarité géographique du salon de coiffure reflète celle de ces êtres qui se demandent comment se situer dans une société corrompue et injuste, où travailler ne suffit pas à gagner sa vie. Les spectres des addictions et de la délinquance hantent le film, mena­çant de faire basculer des situations déjà fragiles. Au détour d’une conver­sation avec son jeune fils, témoin de la violence ambiante, on apprend que Roméo a lui-même connu la prison. Au fil du temps, le cinéaste se laisse un peu découvrir lui aussi, s’immisce discrètement dans le cadre pour offrir sa tête à Roméo, et rendre à son ami un peu de l’écoute et de l’atten­tion que celui-ci offre quotidienne­ment à ses clients. 
–Olivia Cooper-Hadjian

 

Informations

Date de sortie : 2019
Durée : 73 minutes
Pays : France, Madagascar
Production : Sylvie Plunian (Les Films de la pluie), Michaël Andrianaly (Imasoa Film)