Film soutenu

Topographie du hasard

Réalisé par Eva Pervolovici

En 1983, l’artiste roumain Daniel Spoerri enfouit sous terre, en banlieue parisienne, les restes d’un banquet d’une centaine de convives. En 2016, alors que des archéologues mettent à jour le banquet de Daniel Spoerri, je pars sur les traces de ses souvenirs, de sa ville natale qui est aussi celle où j’ai passé mon enfance… En tentant de comprendre le geste artistique de Spoerri, je plonge dans la mémoire de mon pays. Un banquet comme un défi à la mort, une ode au geste banal de la vie.

Informations

Année : 2021

Durée : 77 mn

Pays de production : France, Roumanie

Production : MIDRALGAR (Sarl Marmitafilms)

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Avis

Ce film a été retenu - Commissions 2023

Composée de bibliothécaires, la commission de sélection de films documentaires d'images en bibliothèques prospecte la production récente et sélectionne des films pour une diffusion en bibliothèque.

Pourquoi nous avons retenu ce film ?

par Christophe Thomas, ENSAD - ECOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DES ARTS DÉCORATIFS (PARIS)

Membre de la commission de sélection d'images en bibliothèques

La réalisatrice travaille sur la mémoire, et s’intéresse aux artistes qui enterrent leurs œuvres...  Artiste suisse d’origine roumaine, Daniel Spoerri est né à Galați en 1930. Figure majeure de l’art contemporain, il est notamment connu pour ses tableaux-pièges et le concept d’ « eat art ». Le titre reprend celui d’un livre de Spoerri Topographie anecdotée du hasard, une topographie de ce qui se trouvait le matin sur sa table, de ce qui y était disposé par hasard. Le hasard joue un rôle important dans sa vie et son œuvre. Le fait qu’il soit en vie est un coup du hasard, car il aurait pu être tué pendant le pogrom de Iasi dans lequel son père a péri. Ensuite, dans la rencontre avec Eva, dans la manière dont elle a construit le film, et dans ses autres rencontres, il y a eu d’étranges coïncidences.

L'enfance de l'artiste en Roumanie donne donc des clés sur son oeuvre, mais aussi sur la réalisatrice : on filme les images du chantier de fouilles, de la ville de Galata (ils y ont habité dans la même rue), des ateliers où sont recréées des oeuvres à partir des objets exhumés. On ne filme pas en revanche Spoerri, on l’entend, on l’écoute, y compris dans des archives, loin d’une interview classique. Sa voix nous accompagne sur les lieux où il a vécu et qui dévoilent sa démarche artistique, des clés pour l’appréhender. En contraste, les souvenirs du pogrom sont peu illustrés sauf par des témoignages face caméra cette fois. Le film revient également sur la performance, montre comment on peut encore faire oeuvre à partir d'un ancien épisode, oeuvre dont l'artiste n'est finalement que le concepteur et jamais le réalisateur (les séquences sur les ateliers des assistants sont très belles) et rendre visible la subjectivité en laissant s’exprimer le surréalisme de la vie quotidienne.  

Modalités de diffusion

Pour toutes les structures non-commerciales

Pour acquérir le DVD avec droits de prêt et de consultation sur place : ADAV

Contact : contactadav-assoc.com

Ayant-droit

MIDRALGAR (Sarl Marmitafilms)

Contact : martinemarmitafilms.fr

Date de mise à jour :