Le film de Jean-Claude Cottet, sort manifestement du lot habituel des films sur les sports dit «extrêmes». Il prend le parti de filmer au plus près nos deux héros en s’efforçant de les dépouiller de tout artifice. Leur obsession à vaincre les défis qu’ils se lancent se transforme parfois en réelle souffrance. Leurs peurs sont palpables, les objectifs qu’ils se donnent parfois impossibles. La superbe photographie du film, les paysages parfois époustouflants dans lesquels évoluent les protagonistes, rendent cette nature belle et impressionnante. Une grande place est laissée au son, le vent, les silences, l’écho dans la montagne. Le spectateur est immergé dans cette nature, et suit les deux personnages dans leurs aventures où l’échec n’est pas occulté. On partage leur quotidien spartiate, parfois austère, fait de difficultés, de doutes, ou de rires. Si le film est parfois spectaculaire, c’est par ce qu’il montre de la nature majestueuse, et le « grain de folie » non feint, des deux compères. Pas de discours, ni de morale sous-jacente, non plus, sur les supposées vertus du dépassement de soi, c’est une quête personnelle que semblent poursuivre les deux amis. A la fin du film, leur retour à la « vie réelle », au quotidien plus banal de guide, afin de gagner leur vie, semble quelque peu amer.