La frontière franco-espagnole a disparu depuis 1995 et l'application des accords de Schengen entre ces deux pays. Le poste de frontière de Cerbère est à l'abandon. Les douaniers et policiers ne sont présents que sporadiquement à la frontière entre le Perthus et la Jonquera. Ces villes frontalières de ce coin des Pyrénées, constituent le point de passage le plus fréquenté d'Europe. Un nœud pour la mondialisation et les échanges commerciaux. Des milliers de camions et de voitures passent chaque jour, sans être contrôlés. Le flux de circulation est ininterrompu, constant, insaisissable... Pourtant, à cette frontière que tous croient abolie, Mirka, Stefany, Gassama, Yissel ont été arrêtées.
Ils font partie de ces centaines d'hommes, de femmes, jeunes, âgés, venant de tous les continents qui ont en commun d'avoir été contrôlés et arrêtés à la frontière franco-espagnole, à bord d'un bus, au péage du Boulou. C'est ici que la police aux frontières des Pyrénées-Orientales, sous commandement de la préfecture 66, effectue le plus grand nombre de ses arrestations. Contrôles ciblés, arrestations en fonction de la couleur de la peau. Puis enfermement et expulsion. C'est la meilleure police aux frontières de France. Citée en exemple pour ses tristes chiffres. Elle est la police aux frontières qui arrête, refoule, enferme et expulse le plus.