Film soutenu

Il n'y aura plus de nuit

Réalisé par Éléonore Weber

La scène se déroule en pleine campagne, dans un paysage montagneux ou sur le toit d’un immeuble. Au fond du plan, on aperçoit de fines silhouettes, suffisamment distinctes malgré l’éloignement. Parfois, des hommes à l’allure fantomatique se mettent à fuir, on en déduit qu’ils se savent observés. Mais le plus souvent, ceux qui sont visés ignorent qu’ils sont visés, ils n’ont pas repéré d’où venait la menace, aussi ont-ils l’air complètement désorienté. Ces images proviennent d’hélicoptères. Nous sommes en Afghanistan, en Irak, en Syrie… On voit l’intervention en train d’avoir lieu. Celui qui filme est également celui qui tue, ou peut-être est-ce l’inverse. Il n’y aura plus de nuit fait face à ces exercices de cruauté en détournant les vidéos du discours de propagande dans lequel elles sont généralement prises. Le film s’attache à montrer où peut mener le désir de voir, lorsqu’il s’exerce sans limites.

Informations

Année : 2020

Durée : 75 mn

Pays de production : France

Production : Perspective Films

Distinctions

Cinéma du réel 2020 : Prix des Jeunes - Cinéma du réel, Mention spé- ciale Prix de l'Institut français Louis Marcorelles

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Avis

Ce film a été retenu - Commissions 2020

Composée de bibliothécaires, la commission de sélection de films documentaires d'images en bibliothèques prospecte la production récente et sélectionne des films pour une diffusion en bibliothèque.

Pourquoi nous avons retenu ce film ?

par Isabelle Grimaud, BPI - BIBLIOTHEQUE PUBLIQUE D'INFORMATION

Membre de la commission de sélection d'images en bibliothèques

Entièrement constitué de sources audiovisuelles provenant de youtube, wikileaks ou de sites émanant des armées américaine et française, Il n'y aura plus de nuit est à la fois une lecture des images et une réflexion sur le regard. Le commentaire, porté par une seule voix (celle de l'actrice Nathalie Richard), suit le mouvement de deux pensées. La réalisatrice, extérieure au milieu militaire, observe, s'interroge, questionne pour aboutir à une vision de la guerre et du monde. Les propos rapportés de Pierre V., pilote de l'armée française, sont ceux d'un militaire qui connaît ce type de combat, ces "frappes chirurgicales" où la caméra thermique et ses multiples possibilités peuvent affoler (proximité des gros plans), faire douter (difficulté à différencier un combattant d'un civil), déréaliser ("il faut régulièrement se pincer pour être sûr qu'on ne rêve pas."). Pierre V. décrit des procédures, décrypte les situations de tirs, les intentions de la cible, commente des bavures. Les images montrent la guerre en train de se faire dans l'oeil du viseur. Elles sont en même temps la mémoire de la guerre, ses archives. Chaque séquence renforce un peu plus le sentiment (l'illusion) d'être en immersion, de faire l'expérience de. Chaque séquence confronte le spectateur que nous sommes à la fascination (attraction et répulsion à la fois), au pouvoir hypnotique que peut générer le dispositif technologique, la machine effroyable de la guerre moderne. La voix off résonne comme une note longuement tenue. Tantôt descriptive, tantôt analytique elle permet la distanciation et nous guide dans une réflexion complexe sur l'humain, l'inhumain, la pulsion, la mort.  

3 projection(s) organisée(s)

Modalités de diffusion

Pour toutes les structures

Pour acquérir les droits de projection publique non commerciaux, à partir de 140€ HT pour le mois du film documentaire à partir du 17 juin 2022 : ADAVPROJECTIONS

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Contact : contactadavprojections.com

Producteur du film

PERSPECTIVE FILMS 

Contact : contactperspectivefilms.fr

+ 33 (0)9 73 64 60 87

Date de mise à jour :