Cycle La Cinémathèque du documentaire 2023

Les Dimanches de Varan - 2023

Cycle programmé par Fiona Todeschini, Les Ateliers Varan dans le cadre de La Cinémathèque du documentaire 2023

Les Dimanches de Varan sont des cycles de réflexion autour du cinéma documentaire, animés par des critiques, des penseurs, des cinéastes, des programmateurs, dont les propos s'appuient sur une riche sélection d'extraits de films.

Les séances ont lieu les dimanches matin aux Ateliers Varan, entre 10h et 14h.

Dans ce cycle

  • 14 conférence / master classes
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Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 29 janvier 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
André Van In, cinéaste et pédagogue [1/2]

Avec Elisabeth Kapnist, Jean-Noël Cristiani, Suzanne Rosenberg, Jacques Bouquin

Passionné par les relations humaines, le cinéma, la transmission d’un gai savoir, André Van In nous a quittés fin août 2022. Immense tristesse au sein des Ateliers Varan, qui s’est vite propagée dans les pays où André avait semé un enseignement stimulant au service d’une vision du documentaire faite de bienveillance, d’humanité et de partage.

Dès les origines, André Van In, cinéaste et formateur, fait partie de l’histoire des Ateliers Varan. Tout a commencé en 1975 avec un premier film qui lui tenait à cœur. Né en Belgique, Dédé connaissait l’histoire d’un village flamand nommé Geel, où perdurait une tradition – datant du Moyen Âge – d’accueil des malades mentaux dans des familles vivant dans la campagne flamande. Pendant trois ans, André Van In au son et Vincent Blanchet à l’image ont vécu une expérience cinématographique unique. Ce fut le baptême de cinéma d’André. Il a su ensuite déployer ses ailes pour réaliser d’autres films et développer ses immenses talents de pédagogue au sein des Ateliers Varan.

Lors de cette première séance hommage, nous projetterons Geel (1979) ainsi que Dans les bureaux (1982). Course automobile en roue libre (Carreras) (1983), film court réalisé par les participants d’un atelier bolivien encadré par André Van In et Jacques d’Arthuys, sera aussi projeté.

Une deuxième séance sera consacrée à André Van In le dimanche 5 février.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 05 février 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
André Van In, cinéaste et pédagogue [2/2]

ANDRÉ VAN IN, CINÉASTE ET PÉDAGOGUE [2/2]

avec Aurélie Ricard, Sylvie Gadmer, Denis Freyd, Richard Copans, Catherine Rascon

Après La Commission de la Vérité (1999) – tourné en Afrique du Sud – André a voulu recoller avec notre réalité, ses injustices, ses inégalités. Et retrouver ici en France, à Évry-Ville-Nouvelle, une population stigmatisée et laissée pour compte. C’était un terrain difficile d’accès, délicat, où il lui a fallu faire preuve de toute sa droiture et de toute sa détermination pour être accepté dans la cité. Sa conviction était sans faille : il était au bon endroit, et il était absolument légitime pour faire ce film.

Au long travail d’approche nourri de doutes ont succédé des moments de rencontres démontrant une maturité politique telle que le premier titre du film « L’attaque du bus 402 » est devenu La véritable histoire du bus 402 (2002). Une manière aussi de remettre les médias et leur sensationnalisme à leur place.

Le film sera projeté lors de la séance, tout comme Que faire ? (1993), ainsi que des extraits de My vote is my secret (1995) et Chroniques sud-africaines (film collectif, 1987).

10h-14h : Dimanche de Varan

15h : Projection de La Commission de la Vérité Le film d’André Van In sera projeté l’après-midi du dimanche 5 février, aux Ateliers Varan. Entrée libre, dans la limite des places disponibles.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 12 février 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
John Krish, électron libre du documentaire britannique

par Federico Rossin, historien du cinéma et programmateur indépendant

Cette séance s’inscrit dans la série de Dimanches de Varan consacrée à la redécouverte de cinéastes oublié·es ou méconnu·es.

John Krish (1923-2016) est un trésor caché du documentaire anglais. Fils d’immigrés juifs de Lódz, il fut pendant sa longue carrière l’auteur d’un cinéma à 360°, loin de toute école. Réalisateur de longs métrages de fiction, de programmes télévisés, de publicités, c’est dans le cinéma documentaire qu’il a trouvé sa touche stylistique unique : un mélange de fiction et de réel souvent aux limites du bizarre, du surréalisme et du choc esthétique.

En filmant pour des institutions publiques ou des employeurs commerciaux, il a su transmettre d’une manière non orthodoxe le message de ses commanditaires, en innovant formellement et en n’hésitant pas à provoquer la censure (qu’il a d’ailleurs subie).

Qu’ils touchent aux thèmes de l’éducation, de la vieillesse, de la prison, de l’immigration ou de l’apartheid, ses films – d’un humanisme discret, non sentimental mais profondément engagé – sont d’une fraîcheur narrative et d’une originalité formelle rares.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 05 mars 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Figures du deuil et du photographique

Par Isabelle Rèbre, cinéaste et chercheuse

« Il y a dix ans, j’ai entamé un travail de recherche autour du photographique, dans son lien à la mémoire et au deuil, le photographique étant une dimension réflexive produite par l’introduction d’images fixes au sein des images animées. En m’intéressant à trois films-essais dans lesquels des cinéastes sont confrontés à la mort, j’ai mis au jour une puissance performative des images communes à ces trois films : ceux-ci ne montrent pas tant un certain état du deuil qu’ils ne l’accomplissent. Ces films ont valeur de rituel, de cérémonie ou d’exorcisme. Il s’agit moins d’« images qui pensent » que d’images qui agissent.

Dans La Danse des souvenirs (2002), Naomi Kawase fait face à une mort intime. Dans Ce répondeur ne prend pas de messages (1978), Alain Cavalier est confronté à une mort qui a déjà eu lieu. David Perlov quant à lui démarre son Journal (1973-1982) tandis qu’éclate la guerre de Kippour. Nous visionnerons des extraits de ces films, en questionnant le rôle joué par la photographie. J’ai longtemps envisagé la photographie comme une figure de coupe – elle interrompt, suspend le défilement filmique – alors qu’elle est aussi une figure de lien. Jusqu’à conclure à une figure de deuil : elle fait à la fois coupe et lien. »

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Conférence / Master classe : 12 mars 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Cinéma documentaire en Iran : insolence et poésie (1900-1979)

Par Agnès Devictor, maîtresse de conférences en histoire du cinéma à Paris I

Cette séance est consacrée au cinéma documentaire en Iran, depuis l’introduction du cinématographe en 1900 jusqu’aux lendemains de la révolution de 1979, et notamment au rôle du cinéma documentaire de commande dans l’irruption d’une « modernité cinématographique à l’iranienne ».

En 1962, la poétesse et réalisatrice Forough Farrokhzad ouvre une brèche avec l’œuvre magistrale La maison est noire, et sera suivie par de nombreux cinéastes (Kamran Shirdel, Ebrahim Golestan, Naser Taqva’i...) qui s’emparent, à partir de commandes de différentes institutions, de caméras en 16 mm pour filmer avec liberté, insolence et poésie, la vie des plus pauvres et de celles et ceux que la société marginalise, invisibles jusqu’alors sur les écrans. La seconde partie de la séance sera consacrée aux films documentaires de Abbas Kiarostami, réalisés au sein d’une institution pédagogique, le Kanoun, dont il co-dirige, à partir de sa création en 1969, la section cinématographique.

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Conférence / Master classe : 19 mars 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Binka Jeliazkova, pionnière de films de femmes en Bulgarie

RE-DÉCOUVRIR les cinéastes : Binka Jeliazkova, pionnière de films de femmes en Bulgarie

Par Federico Rossin, historien du cinéma et programmateur indépendant

Cette séance s’inscrit dans la série de Dimanches de Varan consacrée à la redécouverte de cinéastes oublié·es ou méconnu·es. Binka Jeliazkova (1923-2011) a été la première femme en Bulgarie à réaliser un long-métrage et l’une des plus importantes pionnières du cinéma. Son travail est longtemps resté dans l’ombre : deux de ses sept longs-métrages de fiction (réalisés entre 1957 et 1988) ont été interdits pendant des décennies en Bulgarie, car la critique du culte de la personnalité et de la corruption du régime dans ses films était inacceptable. Il faudra attendre la chute de la dictature en 1990 pour qu’ils soient enfin montrés

Jeliazkova s’est toujours intéressée au monde des femmes et n’a cessé d’affirmer son rôle d’artiste féministe. Si ses films de fiction commencent à circuler dans les festivals, ses deux seuls longs-métrages documentaires sont ignorés à ce jour. Tournés en 1981 dans une prison pour femmes, ils sont extraordinaires à la fois par leur force esthétique et plastique, par l’humanité déchirante qu’ils dégagent, mais surtout par la portée symbolique qu’ils portent. Le régime n’a pas hésité à les censurer : traitant sans concession du système carcéral féminin, Binka avait énoncé une impitoyable critique de la dictature socialiste et du patriarcat.

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Conférence / Master classe : 28 mai 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Vlatko Gilić, cinéaste-philosophe d'ex-Yougoslavie

Cette séance s’inscrit dans la série de Dimanches de Varan consacrée à la redécouverte de cinéastes oubliés·es ou méconnu·es.

Par Federico Rossin, historien du cinéma et programmateur indépendant.

Né à Podgorica (Monténégro) en 1935, Vlatko Gilić est diplômé de la faculté d’architecture de Belgrade. Entre 1966 et 1973, il a réalisé une série de 10 courts métrages époustouflants, à la frontière entre documentaire et fiction.

Gilić conçoit le film comme une œuvre philosophique aux saveurs métaphysiques (Le Mythe de Sisyphe de Camus est son livre de référence). Sa signature est strictement formaliste : en travaillant toujours en absence de dialogue, il met l’accent sur l’aspect purement visuel – on pense souvent aux actes sans paroles de Beckett. Ses films sont des miniatures radicales, au caractère fortement métaphorique, qui interrogent la nature humaine et l’inconscient de la société.

Si dans les années 70 son travail est mondialement reconnu et primé, Gilić tombe en disgrâce auprès des autorités yougoslaves au début des années 80 et sa carrière est interrompue. On a trouvé dans ses œuvres des “éléments anti-communistes et anti-étatiques” et il n’a plus obtenu de soutien financier pour réaliser ses scénarios.

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Conférence / Master classe : 04 juin 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Expérimenter le documentaire social à la télévision (1953-1979)

par Vanessa Nicolazic, chercheuse en études cinématographiques avec Claude Guisard, ancien directeur des programmes de création à l’INA

Dès le milieu des années 1950, la diversité des représentations territoriales devient un enjeu sociétal, institutionnel et politique pour la télévision qui part à la rencontre de femmes et d’hommes “ordinaires”. La découverte de nouvelles réalités sociales et l’exploration des potentialités du médium télévisuel suscitent des recherches techniques (comme l’enregistrement de la parole synchrone en 16mm), des expérimentations dramaturgiques et des questionnements éthiques. Certaines séries documentaires (À la découverte des Français, Les Femmes aussi) ou programmes unitaires permettront à des réalisatrices et réalisateurs (Jacques Krier, Robert Bober ou encore Jeanne Labrune) d’expérimenter des procédés d’écriture susceptibles de renouveler les formes de représentation.

Cette séance sera l’occasion de visionner des extraits et de dialoguer avec Claude Guisard autour de formes et de pratiques télévisuelles novatrices et pourtant méconnues, appartenant pleinement à l’histoire du documentaire.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 18 juin 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
La trilogie paysanne de Jean-Jacques Andrien

Par Jacques Lemière, chercheur (anthropologie et cinéma, cinéma portugais, cinéma documentaire), Laboratoire CLERSÉ-CNRS, Université de Lille

En 1975, Jean-Jacques Andrien surgit sur la scène du cinéma européen avec un premier long-métrage, Le fils d’Amr est mort !, filmé entre Bruxelles et le désert du Sud de la Tunisie, qui remporte le Grand prix du Festival de Locarno. Il sort de l’INSAS, et ce film l’inscrit d’emblée (comme Chantal Akerman, proche amie) dans ce moment moderne que Deleuze conceptualisera sous le nom d’« image-temps ».

Nous nous intéresserons aux 3 films qu’Andrien réalise entre 1981 à 2012 dans un bocage laitier de l’Est de la Belgique, dont sa famille est originaire. Avec fidélité, il va en faire le portrait sous le nom – qu’il invente – de « Grand paysage ».

Naît ainsi une trilogie paysanne : Le Grand paysage d’Alexis Droeven (1981), Mémoires (1984), et Il a plu sur le Grand paysage (2012), qui s’attache à dire l’évolution d’une terre et de la vie (et des résistances) d’éleveurs laitiers, considérés comme des sentinelles du vivant dans une activité soumise à la pénétration du capitalisme à la campagne.

L’immersion longue et l’enquête in situ sont au centre de la méthode et de l’éthique de Jean-Jacques Andrien pour préserver le rapport au réel, réinventer la relation entre fiction et documentaire, et garantir l’universalité d’un geste artistique ancré en un lieu singulier.

© Il a plu sur le Grand paysage, Jean-Jacques Andrien, 2012

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Conférence / Master classe : 15 octobre 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Robert Kramer : regards croisés

Une ligne incandescente qui traverse le temps - David Yon

Dès l’âge de 18 ans, Robert Kramer se met à écrire des carnets de réflexions sur ses recherches en cinéma et en politique, sur ses lectures ou rencontres, sur ses expériences de vie intime. Chacun de ces carnets est numéroté, comme s’il avait  toujours eu le projet de documenter ses recherches - entre recherche du monde et recherche de soi. Dans le Book 40 (1996), des post-it marquent des pages où nous pouvons lire : « Une ligne incandescente qui traverse le temps ». Je perçois dans cette ligne une quête que le cinéaste poursuivra toute sa vie, et que nous essaierons d’approcher, de "In The Country" (1967) à "Cités de la plaine" (1999).

David Yon est réalisateur, enseignant et auteur d’une thèse sur Robert Kramer.

Le cinéma de l’expérience - Richard Copans

Récits de tournage et de montage, arrêts sur image, visionnage de rushes, citations de textes : nous tenterons de montrer comment la notion d’expérience est centrale dans le cinéma de Robert Kramer. Comment filme-t-il une séquence ? Pourquoi invente-t-il la notion de Trajet lors du tournage de "Doc’s Kingdom" ? Dans "Route One/USA", comment envisage-il la contradiction entre le soi-disant documentaire et la soi-disant fiction ? Comment transforme-t-il l’accident en cadeau ?

Richard Copans est chef opérateur, réalisateur, producteur et ami de Robert Kramer.

Viennoiseries et boissons offertes à partir de 9h45, début de la séance à 10h.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 29 octobre 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Le cinéma de Ghassan Salhab au Liban

Par Saad Chakali, historien du cinéma et programmateur indépendant   Le Liban, et survivre au pluriel de ses désastres. Depuis vingt-cinq ans, Ghassan Salhab persévère à en fourbir l’atlas d’images, fragmentaires et surimpressionnées, impressionnantes même si voussées.   La guerre qui n’en finit pas d’en finir, plus d’une guerre dont les superpositions disloquent temps et identités, l’entrechoquement des guerres civiles du Liban rappelant la modernité à ses trahisons et incivilités.   Avec un pied dans la réalisation de longs-métrages de fiction ("Beyrouth fantôme", "Terra incognita", "Le Dernier homme", "La Montagne", "La Vallée"), et l’autre dans l’essai vidéo ("Posthume", "L’Encre de Chine", "Une rose ouverte"), et des impromptus (1958), le cinéaste pratique les barres asymétriques pour mieux croiser-décroiser les fils suspendus de ce qui divise, avec Godard sur l’épaule gauche et, sur la droite, Antonioni.   Il n’est pas seul : c’est toute une constellation incluant pionnier (Christian Ghazi), ami d’ici (Mohamed Soueid) et d’ailleurs (Tariq Teguia), qui oriente entre les catastrophes, à minuit d’un orient déboussolé qui a pour jumeau l’accident intégral de l’occident."   Viennoiseries et boissons offertes à partir de 9h45, début de la séance à 10h.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 05 novembre 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Le documentaire avant-hier et après-demain

Thierry Garrel est Chevalier des Arts et des Lettres et Grand Prix des Auteurs de la Scam. Entré à 20 ans au Service de la Recherche de l’ORTF, il a travaillé 40 ans pour la Télévision, à l’INA d’abord, puis a fondé et dirigé l’Unité de Programmes Documentaire de « La Sept » devenue Arte France pendant 21 ans.

Occasionnellement tuteur, producteur associé ou programmateur, il vit depuis quinze ans à Vancouver et est devenu consultant bénévole des bonnes causes documentaires.

Il s’agira dans cette séance, émaillée de projection d’extraits de films et de documents, de revisiter les premières années d’un projet de télévision de création européenne et d’en partager les leçons, tout en ouvrant sur un avenir sinon radieux du moins florissant et prolifique, pour un genre qui constitue une nouvelle renaissance du cinéma.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 26 novembre 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Le cinéma documentaire ukrainien, à l'école de Maïdan (2013-2023)

À la fois place forte et témoin direct, le documentaire ukrainien a accompagné les soubresauts vécus par cette jeune démocratie de l’Est au cours des trente dernières années, depuis l’indépendance de 1991 jusqu’à la guerre russo-ukrainienne actuelle, en passant par la Révolution orange (2004) et celle de Maïdan (2013-2014). Maïdan a marqué un tournant, à plus d’un titre : la concomitance d’un moment politique décisif, de la démocratisation des moyens techniques de production, et de la renaissance d’une industrie moribonde. À tel point qu’on peut parler d’une « école de Maïdan », sur laquelle se sont formés nombre de cinéastes actuels. Si la révolution et la guerre ont largement inspiré le cinéma documentaire ukrainien contemporain, ce dernier a fait montre d’une grande diversité d’inspirations et ne peut être réduit à ces deux sujets, majeurs.

Cette conversation sera l’occasion de tracer les contours du cinéma du réel post- Maïdan, d’en aborder les sujets et les formes, et de visionner des extraits de certains films importants réalisés au cours de la dernière décennie.

Par Anthelme Vidaud, auteur du livre « Ciné-Ukraine, histoire(s) d’indépendance » (WARM, 2023)

Anthelme Vidaud a été attaché audiovisuel à l’Institut français d’Ukraine, à Kyiv, de 2011 à 2013. Il a ensuite rejoint le festival international du film d’Odessa, en tant que coordinateur de programmation, puis comme directeur de la programmation de 2015 à 2020. Il est aujourd’hui programmateur indépendant pour divers festivals et institutions.

Avec Sylvaine Dampierre, cinéaste et membre des Ateliers Varan

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 10 décembre 2023 à 10h - LES ATELIERS VARAN (Île-de-France , PARIS )
Échanges cinématographiques sur les terres battues de Méditerranée

Par Saad Chakali, programmateur indépendant, et Samir Ardjoum, créateur de la chaîne Youtube « Microciné », réalisateur, critique de cinéma et animateur d’une radio dédiée au cinéma en Algérie.

Saad Chakali et Samir Ardjoum ont imaginé une série d’échanges qui ont la Méditerranée pour surface de jeu et pour balle le cinéma documentaire, cette rose des vents qui orientera la séance, entre Orient et Occident.

La cinéphilie qui réunit les deux intervenants permettra d’engager une série de discussions et de projections d’extraits de films se répondant. Ils seront choisis parmi le beau répertoire des cinématographies méditerranéennes, Samir Ardjoum du côté sud de la Méditerranée, et Saad Chakali de tous les autres côtés. La projection des extraits créera une série de champs et de contrechamps, service-retour-volée sur les terres battues d’une cinéphilie partagée, du Maroc à la Syrie, en passant par d’autres régions du monde.

Rejoignez la partie et assistez à un match qui s’annonce passionnant. Car, quel que soit leur lieu et leur période d’origine, tous les (bons) films ont en commun un cinéma, qui est moins un espéranto qu’un terrain de jeu pour les images de nos espérances.

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