Cycle La Cinémathèque du documentaire 2025

Les Dimanches de Varan (réflexions autour du cinéma documentaire)

Cycle programmé par Fiona Todeschini, Les Ateliers Varan dans le cadre de La Cinémathèque du documentaire 2025

Les Dimanches de Varan sont des cycles de réflexion autour du cinéma documentaire, animés par des critiques, des penseur·euses, des cinéastes, des programmateur·trices, dont les propos s'appuient sur la projection d'une riche sélection d'extraits de films.

Les séances ont lieu les dimanches matin aux Ateliers Varan, entre 10h et 14h.

Dans ce cycle

  • 14 conférence / master classes
  • 1 exposition
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Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 19 janvier 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Serge Daney et l'expérience du voyage, par Emmanuel Burdeau

par Emmanuel Burdeau, critique de cinéma (Les Cahiers du Cinéma)

Serge Daney était un grand voyageur. Avant l’âge de 20 ans, il traversa l’Espagne en voiture avec des amis du lycée puis alla en stop jusqu’en Scandinavie. Par la suite, il passa plusieurs mois en Inde, plusieurs à joindre Aden depuis le Caire et plusieurs en Afrique occidentale. Plus tard encore, il couvrit les festivals de Carthage, de Rio, de Yamagata, de Moscou, de Ouagadougou, de Riga, et interviewa des cinéastes à Stockholm, à Calcutta, à Tokyo ou à Erevan. Mais même lorsque le temps des reportages se mit à l’emporter sur celui de l’errance, il ne cessa jamais d’aller là où le conduisaient ses pas, le hasard ou juste l’envie.

Les critiques de Daney, de Lawrence d’Arabie à Empty Quarter

Comment une expérience aussi riche est-elle passée dans ses textes ? Dans tous, y compris ceux où il ne s’agit pas de voyage. Comment cette expérience détermine-t-elle sa conception et son exercice de la critique ? Vraie question. Le voyage, chez Daney, est rarement un thème à part entière. Il est plutôt une donnée de départ. Pour en comprendre l’importance, il faudra donc d’un côté évoquer certains films en particulier – de Vers le sud de Johan van der Keuken au Thé au Sahara de Bernardo Bertolucci, de Lawrence d’Arabie de David Lean à Empty Quarter de Raymond Depardon – et de l’autre en chercher les traces un peu partout.

Faire en somme, nous aussi, une sorte de voyage.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 26 janvier 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Hommage à Jean-Louis Comolli #1 - Filmer pour voir : de la pratique à la théorie

Cycle Hommage à Jean-Louis ComolliSéance #1 • 26 janvier 2025Séance #2 • 2 février 2025Séance #3 • 6 avril 2025

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Si Jean-Louis Comolli était un réalisateur prolixe, il a également été l’un des penseurs majeurs du cinéma du 20ème et du début du 21ème siècle. Il fut un membre éminent des Ateliers Varan et un véritable compagnon de route ; sa pensée du cinéma irriguait notre pratique. 3 ans après sa disparition, nous rendons un triple hommage au cinéaste et au formidable passeur qu’il était, et dont les spectateurs des Dimanches de Varan se souviennent. – Les Ateliers Varan

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Dans cette première séance, la projection du film de Ginette Lavigne Jean-Louis Comolli, Filmer pour voir (2012) sera l’occasion de revenir sur l’immense filmographie documentaire de Jean-Louis Comolli.

De Pierre Perrault, l’action parlée (1968) à Face aux fantômes (2009), de Tabarka 42-87 (1987) au Concerto de Mozart (1997), de Marseille de père en fils (1995) à Rêves de France à Marseille (2002), nous mettrons en lumière la réflexion perpétuelle menée par Jean-Louis Comolli sur l’acte de filmer, la mise en scène du réel, les exigences du geste cinématographique documentaire.

Nous reviendrons sur la genèse de certains films, la pensée du cinéaste et le constant dialogue entre ses films et ses écrits théoriques.

par Gérald Collas, producteur d’une vingtaine de films de Jean-Louis Comolli, et Ginette Lavigne, monteuse et co-réalisatrice de plusieurs films de Jean-Louis Comolli.

 

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 02 février 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Hommage à Jean-Louis Comolli #2 - La Cecilia, la mise en scène et la vraie vie

Cycle Hommage à Jean-Louis ComolliSéance #1 • 26 janvier 2025Séance #2 • 2 février 2025Séance #3 • 6 avril 2025

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Si Jean-Louis Comolli était un réalisateur prolixe, il a également été l’un des penseurs majeurs du cinéma du 20ème et du début du 21ème siècle. Il fut un membre éminent des Ateliers Varan et un véritable compagnon de route ; sa pensée du cinéma irriguait notre pratique. 3 ans après sa disparition, nous rendons un triple hommage au cinéaste et au formidable passeur qu’il était, et dont les spectateurs des Dimanches de Varan se souviennent. – Les Ateliers Varan

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De son film de fiction La Cecilia (1976), Jean-Louis Comolli écrira qu’il ne s’en est jamais remis.

On y retrouve ses origines italiennes, son utopie anarchiste, une alliance du texte et de la chanson, un récit de l’exil, mais surtout une expérience exaltante de la mise en scène et de la communauté d’une équipe de tournage. C’est « l’enfance du cinéaste ».

Après la projection du film, nous reviendrons sur cette œuvre fondatrice, puis nous explorerons d’autres films documentaires de Jean-Louis Comolli comme La vraie vie (dans les bureaux) (1993). Nous échangerons également autour du cinéma d’Emmanuel Mouret, en sa présence, en interrogeant les enseignements de Jean-Louis Comolli qui l’ont inspiré et qui ont influencé sa démarche cinématographique.

par Isabelle Le Corff, professeure des universités, directrice de l’ouvrage Le cinéma de Jean-Louis Comolli, parole et utopie (Warm, 2024) et co-autrice du film Bonjour Monsieur Comolli (2023) et Emmanuel Mouret, cinéaste et ancien étudiant de Jean-Louis Comolli à La Femis.

 

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 09 février 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Le tact des Video Tract For Palestine

Dimanche 9 février 2025 aux Ateliers Varan

À l’heure de la « cinématographie générale » (Jean-Louis Comolli), le front des images connaît un moment d’exacerbation critique. Il suffit en effet d’une simple connexion internet pour voir que nous sommes à tout instant les sujets d’une surexposition spectaculaire à ce qui dilacère le Proche-Orient en saturant notre désorientation.

Ce qui retentit du réel est ce lointain qui, par l’image, nous en revient en arrivant aux images elles-mêmes. Que peut alors le cinéma quand l’archive du désastre est à portée de main de ses victimes qui la télédiffusent ?

Peut-être faudrait-il reparcourir une histoire parallèle et asymétrique de l’archive et du tract pour en apprécier la commune réinvention aujourd’hui. Si les images sont des prises de position, les redisposer autrement ferait voir autre chose que les traits tirés du présent – le tact des Video Tracts For Palestine.

par Saad Chakali, historien du cinéma et programmateur indépendant

Rendez-vous le dimanche 9 février 2025

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 16 mars 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Écopoétique des cinémas arabes

Conférence et échanges avec projections d'extraits de films

À l’heure de l’anthropocène, le monde des arts est de plus en plus requis par la question écologique. Le cinéma arabe y répond en traduisant l’insistance des luttes dans un monde abîmé par l’oppression, la colonisation et la guerre qui accroissent le risque d’écocide.

Face à une atteinte sans précédent faite à l'environnement, les cinéastes s’expriment depuis une perspective élargie à la sphère du non-humain. Les différentes espèces du vivant se font alors les témoins des bouleversements intimes et collectifs depuis les soulèvements de 2011.

La menace d’écocide s’impose en impératif pour la création d’une nouvelle écopoétique.

--par Saad Chakali, historien du cinéma et programmateur indépendant, et Camille Leprince, doctorante en esthétique à l’EHESS et chargée de recherche du Centre national des arts plastiques (Cnap)

Exposition

Exposition : 06 avril 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Hommage à Jean-Louis Comolli #3 - Penseur et passeur du cinéma

Penseur et passeur du cinéma

Cycle « Hommage à Jean-Louis Comolli »

Si Jean-Louis Comolli était un réalisateur prolixe, il a également été l’un des penseurs majeurs du cinéma du 20ème et du début du 21ème siècle. Il fut un membre éminent des Ateliers Varan et un véritable compagnon de route ; sa pensée du cinéma irriguait notre pratique. 3 ans après sa disparition, nous rendons un triple hommage au cinéaste et au formidable passeur qu’il était, et dont les spectateurs des Dimanches de Varan se souviennent. – Les Ateliers Varan

Cette rencontre sera l’occasion de visionner et de commenter ensemble quelques morceaux choisis des interventions de Jean-Louis Comolli aux ateliers Varan en 2012, lors desquelles il abordait avec brio la question du visible et de l’invisible au cinéma. A partir des premières vues des Frères Lumière ainsi que des extraits de trois films de Pedro Costa, Ossos (1997), Dans la chambre de Vanda (2000), En avant, jeunesse ! (2006), il nous amenait à penser le dispositif cinématographique à travers les questions de cadre, de champ et de hors champ, de cinéma dit fictionnel et de cinéma dit documentaire. Il y a fort à parier que nous nous sentirons une fois encore des spectateurs plus éclairés grâce à sa pensée féconde.Il écrivait à l’époque pour présenter ces séances : « La généralisation du spectacle menace ce que le cinéma a amené dans le monde : une séparation qui est aussi une articulation, entre visible et non-visible, entre champ et hors-champ. Je me propose d’interroger ce que l’histoire du cinéma a fait de cette condition impérative de tout cadrage : qu’il relie ce qu’il découpe dans le visible et ce qu’il en cache. »

par Yves de Peretti, cinéaste membre des Ateliers Varan, Isabelle Le Corff, professeure des universités, directrice de l’ouvrage Le cinéma de Jean-Louis Comolli, parole et utopie (Warm, 2024) et co-autrice du film Bonjour Monsieur Comolli (2023)

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 18 mai 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Sara Gómez, 1ère cinéaste cubaine afro-descendante et féministe

Elle n’a vécu que 30 ans et pourtant, Sara Gómez a laissé une trace indélébile dans le monde du documentaire.

Parmi les grands documentaristes cubains, on ne peut éviter son nom. Née en 1942 et décédée en 1974, elle est issue de l’intelligentsia noire de Cuba et est aujourd’hui considérée comme la première cinéaste féministe de l’île. Ses films sur les jeunes, les femmes, les afro-descendants et leurs cultures sont des portraits post-coloniaux d’une grande lucidité ainsi que d’une fermeté morale et politique.

Sarita, comme on l’appelle à Cuba, a refusé toute obligation de neutralité et d’objectivité : son point de vue est déclaré et exposé à l’image. Intervieweuse, elle apparaît dans ses films aux côtés de ses interlocuteurs, témoignant d’un besoin intime de vérifier leur bienveillance et leur franchise.

Briser les valeurs de la tradition cubaine et du sexisme

Au montage, elle évite la belle forme en donnant à ses films un savant déséquilibre et un manque de style recherché. Sara Gómez a aussi été l’une des premières cinéastes à se raconter devant la caméra, revendiquant sa vision subjective et son corps, sa mémoire et sa pensée. Incarnant un urgent besoin de décolonisation à la fois politique, idéologique et identitaire, elle a toujours essayé de briser les liens de la société cubaine avec les valeurs de la tradition et du sexisme.

Dans le cadre de ce Dimanche de Varan, nous présenterons des extraits de la quasi-totalité du travail de Sara Gómez (une dizaine de courts-métrages et un long-métrage), tous sous-titrés en français pour l’occasion par Federico Rossin, historien du cinéma et programmateur indépendant, qui animera cette séance.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 15 juin 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Un cinéma de l'écoute : comment naît la parole filmée ?

Depuis que son et image sont devenus synchrones dans la production documentaire, nombreux sont les cinéastes à avoir choisi la parole de leurs protagonistes comme matière filmique privilégiée. Comment une telle parole émerge ? Comment devient-elle à la fois possible et audible ? Pour penser ces conditions d’énonciation, ne faut-il pas avant tout se demander quel est le travail d’écoute mené par un cinéaste et son équipe ?

Penser l’éthique de la mise en scène documentaire et des dispositifs

Du cinéma direct aux films en “camécran” (Alice Lenay), de Pier Paolo Pasolini à Nurith Aviv, en passant par Jean Eustache et Eduardo Coutinho, ces questions nous guideront pour penser la relation intrinsèque entre une éthique de la mise en scène documentaire, basée sur une disposition d’écoute particulière, et les formes filmiques spécifiques qui en découlent.

Animé par Claire Allouche, enseignante-chercheuse, critique et programmatriceClaire Allouche s’est formée en études cinématographiques à Ciné-Sup au Lycée Guist'Hau de Nantes, puis à l’Université Paris 8 Saint-Denis-Vincennes, à l’ENS Ulm et à la Universidad Nacional San Martín en Argentine ainsi qu’en sciences humaines et sociales de l’espace à l’EHESS.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 22 juin 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Filmer pour habiter le monde : Rencontre avec Djamil Beloucif

Un cinéma où les genres cinématographiques se dérobent

Djamil Beloucif développe un cinéma de la parole, du trouble, du mouvement. Ni fiction ni documentaire, mais cette zone d’instabilité où les genres se dérobent. Dans Bir d’eau, il incarne un filmeur, brouille les statuts. C’est dans la boîte dérive d’une étude urbaine vers un film d’enfants où la parole devient politique. Il parle d’un cinéma “pour” - pour une personne, dont le regard décide. Son dernier film, Le coin des vauriens, place une caméra miniature autour d’un arbre : chaque passant algérois appuie, dit ce qu’il a à dire.

Faire surgir le réel

Le 22 juin aux Ateliers Varan, nous remonterons le fleuve de son cinéma : extraits, digressions, silences, hésitations… Ce sera à l’image de ses films : un cinéma qui ne cherche pas à capturer le monde, mais à l’habiter - à hauteur d’homme, à hauteur de voix. Beloucif filme les marges sans les figer, fait surgir le réel.A l’occasion, la chaîne MicroCiné s’invite aux Ateliers Varan, pour élargir les horizons documentaires et vous faire découvrir des films et leurs auteur·es, sur suggestions et en présence de professionnels du cinéma (cinéastes, producteur·ices, critiques, auteur·ices…).

Avec Samir Ardjoum, créateur de la chaîne YouTube MicroCiné, réalisateur et critique de cinéma, et Djamil Beloucif, réalisateur.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 14 septembre 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Du livre au film : adaptations cinématographiques en Afrique sub-saharienne francophone

Le premier long métrage de fiction des cinématographies naissantes en Afrique sub-saharienne est une adaptation : en 1966, le cinéaste sénégalais Sembène Ousmane réalise La Noire de… inspiré de sa propre nouvelle publiée en 1962. Si, après Sembène, l’adaptation cinématographique reste pendant longtemps mineure dans la production cinématographique africaine, quelques cinéastes ont pourtant tenté l’aventure en Afrique de l’Ouest et en Afrique de l’Est malgré les difficultés d’accès aux droits d’adaptation des livres.

De plus en plus d'adaptations fictionnelles

Apparemment, l’adaptation d’œuvres littéraires se développe de nos jours. Pour la seule année 2024, de nombreux romans ou pièces de théâtre ont été adaptés au cinéma, à commencer par l’Étalon d’or de Yennenga, Katanga la danse des scorpions, le film de Dani Kouyaté adapté de Macbeth de Shakespeare. Il en est de même au Sénégal, où Angèle Diabang Brenner adapte Une si longue lettre de Mariama Bâ et au Cameroun où Jean-Pierre Bekolo produit le film Waalande, l'art de partager un mari, adapté de Les impatientes de Djaïli Amadou Amal.

Des adaptations "fidèles" ?

Nous aborderons ce sujet à travers l’analyse de cinq adaptations, correspondant à quatre grandes thématiques :

1. Adaptation de son texte par l’auteur lui-même, Le Mandat de Sembène Ousmane2. Adaptation par un cinéaste du continent d’un auteur étranger, Hyènes de Djibril Diop Mambety adapté de La visite de la vieille dame de Friedrich Dürrenmat et Katanga la danse des scorpions, adapté par Dani Kouyaté de Macbeth de William Shakespeare3. Adaptation d’un auteur africain par un réalisateur africain, Sambizanga de Sarah Maldoror adapté de A Vida Verdadeira de l’angolais Domingos Xavier.4. Adaptation d’un écrivain africain par un cinéaste français, L’enfant noir de Laurent Chevalier adapté du texte de Camara Laye

Nous verrons comment ces adaptations, chacune à leur manière, s’emparent d’un texte pour le faire revivre dans une perspective originale et créatrice. Nous aborderons donc les réflexions suivantes : Qu’est-ce que les cinéastes ont vu et cherché dans les textes pour s’essayer à ce genre ? Quels choix narratifs et esthétiques ont-ils adoptés pour passer du texte au film ? Que faire des notions de fidélité ou de trahison léguées par le critique André Bazin ? La vraie question, au vu des œuvres analysées, n’est-elle pas plutôt de parler de points de vue autres, de résonances intérieures, de variété et de liberté ? Nous soulignerons l’aspect intrinsèquement créatif du processus d’adaptation filmique.

Par Valérie Berty, (professeure de littérature et de cinéma New York University Paris), Cathy Chamorey (photographe et monteuse) et Catherine Ruelle (critique de  cinéma)

Retrouvez les exemples d’adaptations abordées dans ce Dimanche de Varan sur www.ateliersvaran.com

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 28 septembre 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Judit Elek et le studio Béla Balàzs : aux limites du cinéma documentaire

Judit Elek, cinéaste née en 1937 à Budapest, occupe une place de choix au sein de ce qu’on pourrait appeler la « modernité cinématographique hongroise ».

"Où finit la vie ?"

Entrée à l’École Nationale de Théâtre et de Cinéma de Budapest à l’automne 1956, elle a fait ses classes aux cotés d’István Szabó, Zoltán Huszárik ou encore Zsolt Kézdi-Kovács, autant de camarades qui contribueront dans les années 1960 à renouveler en profondeur les thèmes et l’esthétique des films hongrois. Cette génération prendra notamment la direction d’un studio autogéré dédié à l’expérimentation cinématographique sous toutes ses formes : le studio Béla Balázs. S’orientant immédiatement vers le documentaire, et plus spécifiquement vers ce qu’on nomme alors l’école du « cinéma direct », Judit Elek y jouera un rôle important dans les années 1960-1970 avec la réalisation de plusieurs films, notamment le très beau Où finit la vie ? (1967), présenté à Cannes en 1968.

Cette séance sera consacrée aux productions de ce studio (avec des extraits de films de Sándor Sára, Judit Ember, Ferenc Kósa…), se jouant souvent de la frontière entre fiction et documentaire afin d’interroger le « réalisme » des images, dans un pays où le « réalisme socialiste » fut longtemps la doctrine esthétique du pouvoir. Nous verrons comment l’œuvre d’Elek illustre ces tendances, allant jusqu’à entremêler, dans les années 1970, la vie personnelle de la cinéaste et celle de ses « personnages ».

L'éthique en question

Avec Un village hongrois (1973) et Une histoire simple (1975), la réalisatrice dit précisément avoir franchi une limite éthique dans cette confusion l’amenant à se détourner du documentaire. La question de la responsabilité de l’auteur·e traversera ainsi l’ensemble de ce parcours au sein de la filmographie d’Elek et du cinéma documentaire hongrois.

Rendez-vous le dimanche 28 septembre 2025 à 10h aux Ateliers Varan

Animé par Damien Marguet Maître de conférences, co-responsable du Département Cinéma / ESTCA, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis.

Ce Dimanche de Varan est en partenariat avec la Cinémathèque du documentaire à la Bpi, dans le cadre du cycle Judit Elek - L’art des yeux ouverts du 17 septembre au 23 novembre 2025.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 05 octobre 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
Nicolás Guillén Landrián, cinéaste cubain censuré et martyr

Si on cherche le nom de Nicolás Guillén Landrián (1938-2003) dans le livre plus important sur l’histoire du cinéma cubain (Cuban Cinema, de Michael Chanan, 2004), nous aurions la surprise de ne jamais le voir cité.

Landrián : un cinéaste qui dérange à Cuba, poussé à l'exil

Son nom a subi une damnatio memoriae totale à Cuba, et son œuvre, censurée dès ses débuts, est restée enfouie dans les archives de l’ICAIC jusqu’à il y a quelques années. « Nicolasito » a toujours été une épine dans le pied du régime castriste : libertaire en politique, afro-descendant par naissance et culture, provocateur par instinct. Accusé de s’éloigner de la ligne du parti, il sera envoyé plusieurs fois en hôpital psychiatrique, « traité » par électrochocs, et enfin poussé à l’exil, où il mourra.

Des films-collages saturés

Son travail est marqué par la saturation du sens et un chaos sensoriel explosif, obtenus par une polyphonie d’éléments hétérogènes montés à un rythme effréné. Ses films-collages témoignent de l’impossibilité de boucler un discours cohérent, de choisir un seul et rassurant axe de pensée et d’avoir une quelconque garantie de vérité documentaire. Leur forme, bâtie sur une nébuleuse d’associations et de fragments, s’avère être le seul outil pour comprendre la réalité éclatée de la guerre froide.

Nous présenterons des extraits de la quasi totalité du travail de Nicolás Guillén Landrián (une dizaine courts-métrages), tous sous-titrés en français pour l’occasion.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 16 novembre 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
La voix off en documentaire : un état des lieux

Le commentaire et la voix off, parfois déconsidérés au temps du cinéma direct triomphant, n’ont jamais perdus ni leurs adeptes ni leurs orfèvres. De la fin des années 30 au mitan des années 60, la forme documentaire se confondait avec le film « à commentaire ». Des auteurs prestigieux comme Chris Marker, Alain Resnais, Agnès Varda, Raymond Queneau, Jean Painlevé, Georges Franju… ; ou encore les cinéastes de l’École britannique, nous ont laissé des chefs d’œuvre du genre.À ces temps héroïques ont succédé de nouvelles générations de documentaristes qui se sont emparées de ce moyen d’expression. Ce sera notamment le cas de Patricio Guzmán, Claudio Pazienza, Franssou Prenant, Ross McElwee ou encore Vincent Dieutre…

Aujourd’hui, d’autres mises en scène voient le jour, celles d’une voix off qui se trouve souvent coexister avec des dialogues in et qui entretient avec ceux-ci des relations jusqu’ici inexplorées. Nous voudrions ainsi, après avoir évoqué son histoire, nous attacher aux nouvelles pistes qui se déploient et font l’actualité de la voix off, ou plutôt des voix off, tant leur variété est importante. De nouvelles pistes que nous avons pu déceler en travaillant à une programmation de films autour de cette thématique, pour la 30ème édition des Rencontres du cinéma documentaire à Montreuil.

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 07 décembre 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
« Les Yeux clos » - Présentation de La Revue Documentaires

Les données élémentaires du medium cinéma migrent, se déplacent au gré de nouveaux agencements qui nous invitent à revisiter son histoire et ses définitions. On peut s’interroger sur la virtualité des images, la puissance du calcul, le rôle du texte ou de la voix dans leur production. Le cinéma n’aura cessé d’être hanté par la menace ou la promesse de l’obscurité et de l’aveuglement. Ce Dimanche de Varan se propose de présenter le nouveau numéro de La Revue Documentaires intitulé « Les Yeux clos », en présence d’Érik Bullot, Olivier Cheval, Nicolas Contant, Alice Lenay, Jacopo Rasmi et Barnabé Sauvage.

La séance sera ponctuée par la présentation des films et extraits suivants :

- Le Songe de Lady Hamilton, Olivier Cheval, 2019, 22 min- Vision of a Blind Man, Fredi Murer, 1968, 22 min- Contre toute lumière dansent mes ombres, Sylvain Beaulieu et Nicolas Contant, 2025, 85min (extrait)

Rendez-vous le dimanche 7 décembre 2025 à 10h aux Ateliers Varan

Animé par Erik Bullot, cinéaste et théoricienSéance en partenariat avec La Revue Documentaires

Conférence / Master classe

Conférence / Master classe : 14 décembre 2025 à 10h - Les Ateliers Varan (Île-de-France , PARIS )
"Dans la salle de montage" - à la recherche du film

par Luc Forveille, chef monteur

Cette rencontre sera l’occasion de montrer que derrière chaque geste de montage, il y a une pensée qui le guide et l’explique. L’occasion aussi de mettre des mots sur les gestes accomplis et d’affirmer qu’à défaut d’une théorie du montage, il existe des logiques de pensée selon lesquelles des choix sont faits et des décisions sont prises. C’est le sujet du livre « Dans la salle de montage – Logiques du documentaire » (Editions Impressions Nouvelles, 2025, Préface de Claire Simon).

Mais ce Dimanche de Varan proposera surtout de s’immerger dans une salle de montage, avec comme trame principale celle du dernier film de Claire Simon Écrire la vie – Annie Ernaux racontée par les lycéennes et les lycéens (à voir en ligne sur france.tv à partir du 3 décembre 2025). Nous regarderons des rushes, nous essaierons de comprendre comment ceux-ci se transforment en séquence puis comment cette séquence s’intègre dans un récit. Il s’agira d’essayer de montrer que cette « pensée » trouve une application dans la pratique, qu’elle permet d’orienter nos choix et nos manières de faire et d’éviter de se perdre dans l’infini des possibles qui semblent s’offrir au montage.

Date de mise à jour :