Film soutenu

This Train I Ride

Réalisé par Arno Bitschy

Attirées par l'appel des rails, 3 femmes ont tout laissé pour poursuivre leur vie de « hobo ». Une quête d’identité et de liberté, pour tenter de trouver sa place dans le monde.

Informations

Année : 2019

Durée : 75 mn

Pays de production : France , Finlande

Production : Point du jour International

Autour du film

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Avis

Ce film a été retenu - Commissions 2020

Composée de bibliothécaires, la commission de sélection de films documentaires d'images en bibliothèques prospecte la production récente et sélectionne des films pour une diffusion en bibliothèque.

Pourquoi nous avons retenu ce film ?

par Saad Chakali, MÉDIATHÈQUE ÉDOUARD GLISSANT

Membre de la comission de sélection d'images en bibliothèques

Après la femme tatouée (Marie-France) et la chanteuse noire reprenant à Detroit les standards de Billie Holiday (Jazz), This Train I Ride propose le portrait de trois nouvelles femmes puissantes comme d'autres sœurs de la Wanda de Barbara Loden. Le train emprunté par Arno Bitschy dispose d'une locomotive tirant beaucoup de wagons derrière lui : la culture des esclaves noirs ayant embarqué dans le Underground Railroad et celle des hobos, les grands auteurs du transcendantalisme et la littérature beat, la poésie de Walt Whitman et celle des chanteurs folk Woody Guthrie et Pete Seeger, les romans d'aventure de Jack London et les récits initiatiques de Mark Twain, etc. Toutes ces mythologies s'imposent cependant sans forçage à un film qui n'en démord pas : outlandish est un adjectif (imaginé par Herman Melville) accordé à l'horizon libertaire de la déterritorialisation (dans la traduction de Gilles Deleuze).

Le chemin de fer clandestin emprunte d'autres rails. Ici, la déterritorialisation se décline au féminin, avec la soudeuse Christina qui réécrit pour son compte l'épopée du fer, la fugueuse Karen ayant rompu avec sa famille et sa promotion de la réussite matérielle, la militante lesbienne et féministe Ivy qui porte la crypte des amis fantômes d'un rêve communautaire effiloché. Malgré le fracas des rails, les agencements de la musique atmosphérique (Warren Ellis) et du sound-design (Heikki Kossi) soufflent des bulles ouatées enveloppant l'intimité de femmes qui, malgré un danger jamais nié, réinventent pour elles-mêmes un nomadisme accordé avec la vieille utopie américaine de l'ouvert, de la rencontre et de la camaraderie. Le plus beau appartient aux lignes de fuite de ces éclaireuses sans toit ni loi, à la fois héritières de Bertha Boxcar et contemporaines des héroïnes de Kelly Reichardt. Il faut voir ces tailleuses de rails et de routes, « Sisters of the Road » d'aujourd'hui ouvrir plus d'un chemin traversier à qui documente l'amicale compagnie des gardiennes éparses d'une autre idée de l'Amérique : Une nouvelle Amérique encore inapprochable (Stanley Cavell).

Modalités de diffusion

Producteur du film

LES FILMS DU BALIBARI

Contact : Clara Vuillermoz +33.251845184

clara.vuillermozbalibari.com

Date de mise à jour :