Lorsque Jean Luc Cesco invite Muguette, la fille du précédent propriétaire de son appartement qu’il soupçonne de hanter les lieux, il ne sait probablement pas quel film émouvant Eredità deviendra. Au fur et à mesure de leurs rencontres filmées, on découvre une vieille dame drôle, légère, d’une apparente sagesse et dont les tenues, les bijoux en toc, changent à chaque fois.
Le réalisateur, lui, emplit l’espace vide de son appartement de l’histoire familiale de Muguette qui résonne avec la sienne. Mais les difficultés de sa voisine, maintenant amie, deviennent de plus en plus prégnantes à mesure qu'elle emplit son appartement de tout ce qu'elle glane dans la rue, jusqu'à presque ne plus pouvoir y rentrer. Les services sociaux peinent à prendre en charge le cas de Muguette. Jean Luc l’épaule, la filme, la nourrit lorsqu’elle commence à faire les poubelles pour s’alimenter. Malgré tout Muguette garde son humour, sa patience et joue encore avec la caméra. Ce film entre dans le réel par la brèche du hasard, d’une rencontre, et accueille cette belle opportunité. La vie y entre avec ses joies et ses peines, la fantaisie de Muguette mais aussi sa grande fragilité psychique. Un film d’une belle humanité.