Au travers d'archives personnelles de Bouba Touré, mort en janvier 2022, d'archives rares de l’INA, de Gaumont, du British Pathé ou encore de films peu connus, les réalisateurs réussissent le pari d’un film puissamment politique. Par les images, ils tissent un lien d'une incroyable densité entre colonialisme et immigration massive en France, entre exode rural et famine dans de nombreux pays africains.On découvre le projet fabuleux de la coopérative agricole de Somankidi Coura, réappropriation par des travailleurs immigrés de leur terre ancestrale pour la cultiver écologiquement et ne plus dépendre que d’eux-mêmes. Les voix se croisent : celle de Bouba Touré, cofondateur de la coopérative, nous faisant le récit des luttes qu’il mène ou qu’il suit et, en fil rouge, celles des sans-papiers exploités d'hier à aujourd'hui par des patrons et des marchands de sommeil.Tout au long du film, le flux d'archives est constant, on souhaite s'arrêter sur les détails d'une affiche, s’attarder sur les photos. Les chants, les musiques, les contes et les langues composent un hymne, habitent les images et continuent à nous habiter au-delà.