Dehors, le pays est entre les mains des épiciers dont la came est un narcotique qui peut s’apparenter à un bâton de dynamite. Dedans ? Il n’y a pas de dedans. Les carnets intimes du sous-sol se feuillettent avec les images des autres. Pour la taupe qui creuse ses galeries à l’ère spectaculaire de l’hyper-matière, le terrier se joue à la surface des écrans.
Ne croyez surtout pas que je hurle est le journal de convalescence d’un visionneur fétichiste qui pense comme il cite en se faisant un nouveau corps, celui de ses citations. Dans les nuits blanches du streaming une machine de guerre prélève dans le cinéma de fiction les connecteurs nécessaires à ses opérations de montage. Cités, les gestes filmés deviennent ainsi les gestes filmiques d’une résistance mentale pour qui risque de succomber à la paranoïa obsidionale.
D’un côté, Frank Beauvais considère le cinéma dans une égalité des citations indifférente à la légalité des droits d’accès. De l’autre, le mash-up post-situ déploie un cocon protecteur dont la membrane lisse toute aspérité en faisant luire la souveraineté dandy de son solitaire peuplé. « I See a Darkness » chante Bonnie Prince Billy pour un nouvel Argus dont l’autre nom est Panoptès, « celui qui voit tout », avant que la taupe panoptique ne se fasse chien andalou.